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Tahir de la Nive

RépoRéponse à Joël Monnereau, Mark Aguilera, Serviteur du Christ, ex-musulman agnostique.

A Joël Monnereau, Mark Aguilera, Serviteur du Christ, ex-musulman agnostique.

 

Ce n'est pas par négligence mais pour cause de problèmes techniques que j'ai tardé à vous répondre. Je vous fais une réponse commune, pensant que les points abordés se complètent. Je remercie Serviteur du Christ pour sa reconnaissance de mon attitude respectueuse à son égard, à l'égard de tous mes interlocuteurs. J'éprouve du respect et même de la sympathie pour toute personne à la recherche de la vérité, qui n'hésite pas à défendre ce qu'elle tient pour elle, même si sa conclusion est contraire à la mienne. Je regrette que le nom et le message de l'ex-musulman agnostique aient disparu de mon système informatique: j'espère qu'il aura accès à ceci et qu'on pourra éventuellement continuer d'échanger. Il faut un certain courage, de l'honnêteté pour admettre 'je ne sais pas... donc je cherche à savoir’. Si je me souviens bien, il m'écrit au sujet de la vérité que je crois détenir. Je répondrai que l'Islam n'est pas une ou la vérité mais avant tout la réalité. Mais qu'est-ce que l'Islam? La plupart des Musulmans ne le savent pas... par contre certains non-musulmans le savent fort bien, bien conscients du tort que le système islamique peut causer à leurs intérêts, et c'est pourquoi leur fabrication de l'islamophobie. La plupart des Musulmans ignorent ce qu'est l'Islam pour une affaire essentiellement de sémantique. Les Musulmans d'aujourd'hui sont des orphelins, privés de la guidée de Mohammed, n'ayant aucun repère intellectuel, politique, culturel... Au cours des deux siècles passés, l'ensemble des pays musulmans a été colonisé, colonisé parce que colonisable, selon le grand penseur algérien Malek Bennabi. Ainsi donc les concepts de base de l'Islam ont été occidentalisés.  Je parle de tout ça dans un ouvrage en préparation mais je dirai simplement ici que la colonisabilité du monde musulman est la conséquence de celle des peuples d'Europe, de leur christianisation. Celle-ci causa une complète permutation des valeurs, de la spiritualité européenne préchrétienne, et ceci jusque et essentiellement dans la sémantique. Voyons déjà les deux langues jumelles, ayant une même grammaire trinitaire (trois genres et des déclinaisons): l'Allemand et le Latin. Voyons la définition de Dieu, en vieil allemand, non pas Gott mais Allvater, littéralement: père de l'Univers (intéressant: c'est par ces mots que débute l'Hymne à l'Etre suprême du 8 juin 1794!). Je ne vais pas ici m'engager dans une conférence sur la question mais résumons en disant que la terminologie latine ou vieil-allemande correspond, sémantiquement, à celle de l'Islam, à l'inverse des langues modernes. Or, c'est à ces dernières qu'ont affaire les Musulmans, notamment ceux résidant en Europe, traduisant en les trahissant des concepts islamiques par des concepts propres à ces langues modernes. Ainsi le terme religion qui dans la Rome de Cicéron avait une signification bien différente de la présente, de 'croyance', une signification par contre bien proche ou même identique à celle de l'arabe 'Din'. Je multiplierais les exemples, me bornant à dire ici que les Musulmans, au travers du langage courant, adhèrent à des conceptions erronées de l'Islam dont ils ont perdu l'essentiel: en particulier la notion de Pouvoir islamique, sachant que celui-ci est essentiel à l’Islam, à la définition-même de ‘musulman’. Bref, ils ne savent plus, dans leur grande majorité, ce qu'est l'Islam; si bien qu'on entend de leur part des énormités. Je lisais dans un manuel scolaire pakistanais: Islam is the youngest religion. Certes c'est beau d'être jeune mais, primo, l'Islam n'est pas une religion, une croyance parmi d'autres; secundo, il n'est ni la première ni la dernière, étant hors du temps et de l'espace. Coupant court, je vous invite à voir : http://tahirdelanive.over-blog.com/2019/05/opinion-n-9-15-mai-2019-l-islam-apres-le-christianisme-pourquoi.html. De même le terme ‘croyant’.  J’ai bien connu le professeur Hamidullah, un saint et un savant, et je l’interrogeais dans sa traduction du Coran, sur l’emploi de ce terme. Il reconnut que la traduction de ‘Momin’ par ‘croyant’ était incorrecte. Je dirai qu’elle constitue une concession à la conception occidentale de la religion qui est en effet une croyance. Le Christianisme se fonde sur un Credo, l’Islam sur un témoignage. Or, on ne peut témoigner de ce que l’on croit mais seulement de ce que l’on sait de façon absolue. Ainsi, mon cher ‘agnostique’, êtes-vous un faux témoin puisque vous doutez aujourd’hui de ce dont vous avez témoigné, 5 fois par jour si vous étiez pratiquant, au temps où vous étiez musulman. Ceci dit sans la moindre animosité, croyez-le bien, car peut-être bien que si j’étais né dans une société prétendue musulmane, conventionnelle, qu’on eût voulu me marier de force avec une cousine tout en me rebattant les oreilles de superstitions, je me serais moi aussi révolté et exclu de cette communauté et de cette ‘croyance’.,, comme je l’ai fait du Christianisme. L’Islam est donc l’Ordre de l’Univers, indépendamment de l’existence de l’Homme qui n’est jamais qu’un de ses éléments. L’Homme a toutefois le privilège du mental, forme d’intelligence supérieure qui lui est propre, et avec lui le choix de pouvoir s’intégrer à cet ordre, ce que signifie le terme ‘musulman’, ou de se rebeller contre lui, sachant que cette rébellion même est permise par l’Unique et entre donc, à un degré différent, dans le schéma de l’Islam.  C’est pourquoi je distingue l’Islam métaphysique qui inclut même le vide, le grand vacuum cosmique auquel Laozé consacre tout un livre… de l’Islam historique que je subdivise en Islam pré et postcoranique. Certes, c’est là une conception très relative et qui s’éteint dans celle, cyclique, du Temps (Mohammed disant : j’étais, alors qu’Adam n’était encore qu’entre l’eau et l’argile). J’en viens à la remarque de Joël concernant les musulmans ‘modérés’ et ‘radicaux’ ou encore fondamentalistes. Ces termes sont des inventions des media et ne correspondent à aucune réalité, même si certains musulmans se prétendent « modérés », comme s’il était possible de s’intégrer ‘avec modération’ dans l’Ordre que je viens d’évoquer. Radical, fondamentaliste signifient : qui retourne aux racines, aux fondements. Généralement, dans les media, on applique ces deux termes aux ‘terroristes’, aux intolérants, etc. C’est là un abus total car les racines, les fondements de l’Islam sont opposés à l’intolérance, encore plus au terrorisme. Ce dernier consiste à massacrer délibérément des civils, des non-combattants ; or le Code de la Guerre islamique, du Jihad, a posé bien avant les Conventions de Genève et à l’époque du ‘Vae victis’ des règles très strictes qui imposent aux Moujahidine (pratiquant le Jihad) le respect et le bon traitement des prisonniers, des populations civiles, de l’environnement (interdiction d’abattre des arbres, des animaux sauf en cas de nécessité absolue), l’interdiction de profaner les cadavres, etc... Le musulman radical, qui se réfère aux racines coraniques de l’Islam, est donc celui qui obéira à ces règles et d’aucune manière ne s’en prendra à des non-combattants. C’est donc le musulman ‘modéré’ dans sa discipline islamique qui s’adonnera éventuellement à des pratiques dites ‘terroristes’. Et si vous deviez un jour confier à un Musulman la clé de vos biens, préféreriez-vous la confier à un ‘modéré’ qui ira s’enivrer avec votre tirelire, ou à un radical qui ne touchera pas un centime par crainte de Dieu ?  J’ai évoqué le Jihad : celui-ci ne correspond en rien à ce qu’on appelle en France ‘guerre de religion’. Dans http://tahirdelanive.over-blog.com/2019/02/document-n-1-3-fevrier-2019-solidarite-contre-exploitation-le-systeme-islamique.html, je parle accessoirement du Jihad, assez pour mettre à bas quelques clichés. Ici encore, les media ont inventé le terme absurde Jihadiste…  Islam et démocratie. Joël soulève la question. Au moins deux observations. Tout d’abord, à part l’Iran, je ne connais pas de pays musulman qui soit doté d’un système que l’on puisse qualifier d’islamique. Ainsi donc, les dictatures qui sévissent dans certains pays musulmans n’engagent-elles qu’elles-mêmes et non point le système islamique. Celui-ci est-il toutefois démocratique ?  Mais qu’est-ce que la démocratie ? Les Occidentaux ont été ‘brain washed’ dans la croyance que la démocratie parlementaire, en général c’est d’elle qu’il s’agit, est le meilleur système sur terre. Or il faut bien admettre que dans les différents pays d’Europe occidentale, ce système est un échec ainsi qu’on le voit lors d’élections par le pourcentage toujours croissant d’abstentions et le sentiment de ceux qui ont voté de s’être fait ‘rouler’. Nous pourrions une autre fois discuter des fondements-mêmes de la démocratie et les comparer à ceux du système islamique, me bornant à dire ici que ce dernier constitue une synthèse de l’autoritarisme et de la démocratie dans la mesure où il se fonde sur le principe de consultation. Le ‘big boss’ de l’Etat doit consulter toutes les instances populaires (on peut donc parler ici de ‘démocratie de base’, de référendum) sachant qu’il tranchera ensuite du fait de son autorité. Je rappelle rapidement la racine de ‘auctoritas’, c’est-à-dire le fondement spirituel de l’autorité (à l’origine, la fonction rituelle !) ; encore un signe de l’identité sémantique de l’Islam et des traditions de l’Europe antique. On peut qualifier le système islamique de ‘populaire’ dans la mesure où tous les échelons du Pouvoir sont accessibles au peuple, en fonction de la qualification de chacun. Certes, l’évocation du Pouvoir islamique peut provoquer des réticences dues aux clichés répandus par les media, aux tristes parodies mises en scène par des régimes obscurantistes, avec scènes de lapidation, d’égorgements et autres horreurs insoutenables. En fait, depuis 1804, la France est soumise à un code juridique fondé sur la Charria, la majorité des Français, musulmans ou pas, l’ignore et pourtant, comme je l’ai écrit ailleurs, on ne voyait pas dans les rues de Paris du temps d’Austerlitz de scènes de lapidation, de femmes voilées (à part celle du général Menou) et de barbus (à part les sapeurs de la Garde), puisque c’est là la caricature de l’Islam dans laquelle ses prétendus champions se sont laissé coincer. Puisque je ne suis pas limité par l’espace‘réponse’du blog, je vais me permettre quelque souvenir. En 1989 en Angleterre, j’ai fondé l’Islamic Council for the Defence of Europe. Simultanément existait un Islamic Party of Britain, dirigé par l’anglais David Pidcock et l’allemand Bleher (on peut le voir sur internet). Dans les deux structures, la majorité des membres et sympathisants était des non-musulmans. Mon ICDE se voulait un centre de réflexion et d’élaboration doctrinale, destiné à poser les fondements, dans le concept d’Eurislamisme, d’un ordre islamique européen. L’IPB était un parti à vocation électorale qui fit d’ailleurs de bons scores à Sheffield et à Bedford, David Pidcock étant un brillant économiste que je pus admirer lors de ses interventions à Westminster. L’ICDE s’articulait en commissions ayant chacune leur publication.  En fait, seulement deux parurent, Centurio, en anglais et en français, de la commission ‘Armed Forces’, et Convergences, cette dernière ayant pour intérêt la coexistence des différentes communautés religieuses. Je dois préciser que toute intention prosélytique était bannie de l’ICDE comme d’ailleurs de l’IPB, le respect de chacun impliquant celui de son attitude religieuse. Il était question de se connaître et de poser les fondements de la coopération des différentes communautés religieuses. Parmi les participants à cette commission, un Révérend bouddhiste birman résidant à Birmingham, un allemand odiniste et une jeune femme anglicane. Cette dernière me mit un jour en rapport avec un comité de pasteurs, anglicans je crois, pour la défense de jeunes égyptiens, emprisonnés et, disaient-ils, maltraités pour avoir renoncé à l’Islam. Je proposais mon intervention à ces messieurs, tant il m’apparaissait que la dictature de Moubarak n’avait strictement aucune légitimité islamique et qu’on ne pouvait condamner des ‘renégats’ à l’Islam au sein d’une société n’ayant rien d’islamique. Je ne tardai pas à m’apercevoir que ces pasteurs observaient à mon égard une attitude hautaine et hostile. Visiblement, je n’étais pas le type de musulman qui leur convenait et si je les avais agonis d’injures, si j’avais clamé que ces ‘renégats’ n’avaient que ce qu’ils méritaient, si j’avais voué les uns et les autres à la géhenne infernale ; là j’aurais présenté les traits de musulman à leur gré, confirmant leur prétention que les Musulmans étaient des fanatiques intolérants et sanguinaires, etc… En Angleterre, j’étais aussi bien placé pour analyser la conspiration Rushdie, connaissant personnellement la personne qui la lança. Voir ici : http://tahirdelanive.over-blog.com/2019/05/opinion-n-8-1er-mai-2019-l-islamophobie-racines-et-ailes.html. Je disais alors que ceux qui imprimaient et ceux qui brûlaient le livre de Rushdie jouaient différents instruments dans le même orchestre.  Ce qui m’amène à répondre à Mark Aguilera. Apparemment, vous avez un parti pris islamophobe. Il a été question de la conquête musulmane de l’Espagne. Qu’elle ait été violente, comme vous le soutenez, ou pacifique, qu’importe ?  Croyez-vous que nos ancêtres basques (ou bien Aguilera n’est-il qu’un pseudonyme ?), lorsqu’ils s’emparaient à l’abordage d’une frégate trois fois plus grosse que leur navire, le faisaient en la bombardant de pétales de rose ? L’Islam n’est pas ‘pacifiste’, j’en conviens, et Mohammed fut un chef de guerre digne de son disciple Napoléon, de Scipion et d’Attila. Méfions-nous du pacifisme qui a pour corollaire l’exterminationisme, selon la logique que la paix définitive ne s’obtient que par la totale disparition de toute adversité. Vous avez parfaitement le droit d’être islamophobe et d’accorder votre foi à la propagande anti-islamique. Vous devriez tout de même vous interroger sur les objectifs et les sources de cette propagande et si je reviens à ce que je disais de l’affaire Rushdie, c’est pour vous dire qu’en fait les islamophobes ne font que jouer d’autres instruments dans l’orchestre où siègent les ‘terroristes islamiques’.

 

 

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