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Tahir de la Nive

OPINION N°9 15 Mai 2019 L'Islam après le Christianisme: pourquoi?

Invaincue malgré Saül de Tarse: la Rome théocratique, ville éternelle.

Invaincue malgré Saül de Tarse: la Rome théocratique, ville éternelle.

Pourquoi l’Islam après le Christianisme ? Cette question en appelle d’autres, notamment sur les natures respectives de ces deux doctrines. Celle du premier est condensée dans le Coran, verbe divin retransmis par Mohammed, à ce titre dit messager de Dieu. La doctrine chrétienne est par contre diffuse dans les Evangiles, écrits après la disparition de Jésus par ses disciples directs et par Saint Paul, également nommé Saül de Tarse. Ce dernier est un personnage hors du commun, juif mais jouissant de la citoyenneté romaine, issu d’une famille de rabbins tout en étant policier. C’est dans l’accomplissement de cette fonction qu’il se dirigea un jour de Jérusalem à Damas afin d’y arrêter le groupe de disciples de Jésus. Il devait à ses années passées à Antioche, ville d’intense activité tant culturelle que commerciale, une vaste vision du Monde, de parler la plupart des langues contemporaines, de connaître les textes sacrés  des différentes civilisations. Chevauchant ainsi entre Jérusalem et Damas, il réalisa, en barbouze professionnelle, qu’il pouvait faire beaucoup mieux qu’enchaîner cette communauté d’hommes simples et naïfs : l’infiltrer et créer avec elle une nouvelle religion, une secte qui saperait les fondements de Rome et des théocraties contemporaines. En tant que rabbin, il haïssait Jésus. Il imagina cependant une histoire selon laquelle celui-ci lui serait apparu entouré d’une lumière fulgurante qui l’aurait désarçonné, lui commandant de se convertir au Christianisme. Ses disciples l’accueillirent à bras ouverts avec des Aleluya et l’infiltré entreprit son travail, consistant à transformer la petite communauté en une secte subversive contre l’empire romain, contre toute autorité à commencer par celle de Jésus dont il falsifia la doctrine. Erudit de haut vol, il emprunta aux doctrines métaphysiques existantes l’essentiel de son oeuvre de plagiat, l’Eucharistie à l’Odyssée (Hièrocles, amené devant son juge et déchiré de coups par une sentence inique, reçut dans le creux de sa main le sang qui coulait de ses plaies; et le présentant au juge, il lui dit: ‘Tiens, cyclope, bois de ce vin, après t’être nourri de chair humaine’, dans la traduction par Bitaube, 1785), le Baptème au Druidisme, la Trinité au Tao et aux traditions indo-européennes. On la retrouve dans l’Islam. Il proclama ‘Dieu et fils de Dieu’ celui qui de son temps avait condemné ces propos avec la majeure véhémence, souffrant d’être ainsi déifié malgré lui. De ce fait, il affublait les Juifs du titre de ‘peuple déicide’, justifiant d’avance leur persécution et leur expulsion des pays de la Chrétienté. On peut alors se demander pourquoi justement un Juif fut à la source d’une religion antisémite. Ceci s’explique par le projet ‘L’an prochain à Jérusalem’, nécessitant la non-intégration des éléments de la Diaspora au sein des communautés de Gentils, allant jusqu’à la persécution ouvertement déclarée. Ainsi se trouva fondé le neo-Christianisme, aujourd’hui professé par l’ensemble des églises chrétiennes. L’Eglise catholique, notamment, régit pendant un millénaire et demi la plupart des pays d’Europe dont les rois étaient dits de droit divin, vassaux de la papauté, instruments contre leurs propres sujets ‘hérétiques’ de la vindicte vaticanaise ; leur imposant des croisades et guerres coloniales contre les Infidèles. L’Eglise ne fait pas de politique mais il existe une politique de l’Eglise, nous confia un de ses membres. Cet apparent apolitisme de l’Eglise eut pour corollaire l’absence d’une doctrine étatique chrétienne, de l’équivalent chrétien de la Charria de l’Islam, la politique de l’Eglise consistant à imposer sa volonté aux monarques catholiques sans pour autant leur proposer un système défini. Jésus demeure donc historiquement un messager de Dieu dépouillé de sa mission impériale puisque son propre enseignement demeure occulté et tronqué, notamment en ce qui concerne son application politique, économique, sociale, culturelle... Lui-même le prévit de son vivant, annonçant toutefois l’homme qui viendrait, envoyé par Dieu, avec le livre de la Loi: Mohammed.

Le Coran constitue de toute évidence ce livre mais, avant de l’évoquer, exposons tout ce qui fait la différence fondamentale entre l’Islam et le Christianisme. Ce dernier se définit comme une croyance ainsi que l’exprime la formule ‘Credo in unum Deum, in unam apostolicam Ecclesiam’, étayée par une série de dogmes dont certains, telle l’infallibilité papale, furent d’émission tardive, bien postérieure à Saint Pierre. Le Christianisme se fonde sur la personne de Jésus selon la vision pauliniennne du ‘Dieu fait homme’, la conception chrétienne de l’Histoire étant linéaire, le point unique sur cette ligne étant l’apparition du Rédempteur des péchés de l’Humanité. Ainsi donc, cette conception feint d’ignorer le ‘bassement’ politique, le Pape, dans le cas du Catholicisme, se parant de la tiare du Pontifex, abandonnant aux rois le soin de guerroyer pour lui sous la croix et la bannière. Avant ce point, l’Humanité se fourvoyait dans l’impiété et le péché, après lui, elle jouit de la doctrine évangélique en matière théologique, frustrée de toute guidance quant à son application terrestre. Bien que de nature théologique, le Christianisme demeure donc un phénomène historique, avec un avant et un après Jésus sur la ligne du Temps.

L’Islam quant à lui est un phénomène à la fois historique et extra-historique. Le mot arabe jouit d’une acception assez vaste : soumission, harmonie, ordre. C’est ce dernier qui fait notre préférence : Ordre. Ordre de l’Univers tournant autour et par un principe unique : c’est ce que traduit ce symbole universel et primordial, présent dans toutes les traditions métaphysiques, le Svastika. Le Brahmanisme exprime magistralement l’existence et la non-existence de l’Univers : Dieu expire et c’est tout l’Univers qui entre dans l’état d’existence, il inspire et l’Univers disparaît dans ses ‘bronches’. Les milliers de millénaires de l’existence de l’Univers ne sont donc, pour Dieu, que le laps d’une expiration. Il découle de ceci une conception cyclique du Temps et de l’Histoire. J’étais, proclame Mohammed, alors qu’Adam n’était qu’entre l’eau et l’argile. Mohammed précéda chaque Adam, en une succession de cycles prophétiques sans fin ni commencement. L’existence et la non-existence de l’Univers alternent donc selon une volonté divine et il en est de même des lois cycliques régissant l’Univers, l’apparition des espèces d’êtres visibles ou invisibles, des mondes physique et subtil, le ballet réglé des planètes tout comme des atomes, l’incessant cheminement des fourmies et le travail hiérarchisé des abeilles ; tout ceci implique un Ordre divin et une soumision à cet Ordre de tous ses éléments. Nous entrons donc ici dans le concept d’Islam, d’harmonie, de soumission volontaire à cet Ordre en ce qui concerne l’être humain. Avant même l’adhésion à une doctrine particulière, la qualité de Musulman implique la soumission volontaire à l’Ordre universel de facture divine. En tant qu’Ordre universel, l’Islam est intemporel, incluant même la possibilité de non-existence de l’Univers, du néant absolu car même cette non-existence n’est que par la volonté divine. Ainsi donc, le Christianisme n’est-il qu’une croyance, l’Islam étant l’Ordre universel, indépendant de l’existence de ses éléments, ceci rendant absurde la distinction entre un avant et un après l’Islam. Tout au plus peut-on parler d’un avant et d’un après le phénomène coranique, au sein de ce que nous appelons l’Islam historique qui débute avec l’apparition terrestre de l’espèce humaine. Il est certain que l’Islam précoranique est d’une durée indéfinie par rapport à l’Islam postcoranique, le premier embrassant toutes les civilisations connues et inconnues jusque dans ce que l’on nomme la préhistoire, jalonnée par trois centaines de Messagers de Dieu dont Mohammed est le Sceau, le Coran ayant un caractère correctif et récapitulatif des Messages antérieurs par lesquels l’Unique s’adressa à l’Homme pour l’instruire et le guider.   

Au sein de l’Univers, l’Homme jouit en effet d’un rang particulier : le plus proche de Dieu, supérieur même aux anges. Ainsi dans la Genèse selon l’Islam, Dieu créa l’Homme d’eau et d’argile, lui insufflant son esprit en un geste d’amour sans pareil, lui enseignant les noms de toutes choses, lui demandant en retour de les enseigner aux anges. Plusieurs remarques s’imposent à ce stade : l’importance du souffle que nous avons plus haut évoquée en nous référant au symbole brahmanique de Dieu inspirant et expirant l’Univers. Sans doute l’étymologie est-elle suffisamment éloquente quand la racine ‘spir’ relie la spiritualité à l’inspiration, quand l’allemand ‘atmen’ dérive du sanscrit ‘atma’. Ici naquit d’ailleurs la langue primordiale de l’Humanité, le lexique établi par Dieu-même et transmis au premier homme, avec l’injonction de le transmettre aux anges. On déduit de ceci que l’Homme fut créé le dernier au sein de la Création, tout au moins après que fussent apparus les différents éléments antérieurs à la sienne, notamment les anges, constitués de lumière pure. La supériorité de l’Homme sur les anges est marquée par le privilège par l’Unique de faire du premier leur enseignant. Il ordonna aux anges et aux jnoun de se prosterner devant Adam. Les premiers s’exécutèrent, un des seconds refusa, arguant de ce qu’il était fait d’un matériau, le feu, plus noble que la glaise constituant Adam. On voit donc ici que Satan, pour être une créature divine, n’en est pas moins rebelle à l’Ordre divin, entraînant avec lui une partie de l’humanité. Il n’est donc pas ici question du manichéisme voulant qu’il existât deux Dieux, un ‘mauvais’ créateur du péché s’opposant au ‘bon’. Il n’est qu’un Dieu, créateur de l’Univers, y compris de Satan dont la rébellion même est acceptée par Lui. L’Homme, au sens latin de homo, est par ailleurs sous sa forme primordiale androgyne, se subdivisant alors entre un homme au sens de vir et une femme ; opération correspondant dans le Tao à la division du Taïjitou en les principes Yang et Yin, selon le schéma trinitaire universel repris par Saül de Tarse dans sa concoction neo-chrétienne.

La sortie d’Adam du Paradis revêt dans le Christianisme et dans l’Islam une signification antinomique : dans le premier elle est un bannissement, un châtiment du péché originel imputable à Eve, la compagne impure et corruptrice de l’homme ; dans le second elle est un ennoblissement de ce premier homme, dépêché par son Seigneur sur terre pour y agir en Son Nom, y être son vice-roi. Certes, en entrant dans le monde de l’existence, il expérimentera l’adversité, le combat, les coups reçus en réponse aux coups donnés et avec eux la souffrance, les épreuves, le danger et l’angoisse de faillir dans sa mission. Celle-ci est-elle donc vraiment un châtiment, les peines et revers infligés sont-ils le signe d’une vaine cruauté de Dieu envers son serviteur ? Le coup qui ne me tue pas me rend plus fort. La devise est de Friedrich Nietzsche qui proclama Guerre à Rome, paix à l’Islam, entendu que par Rome, il entendait le Vatican et non l’Urbs de l’antique théocratie européenne. Elle dépeint parfaitement l’état du Musulman sur terre. Les épreuves auquel son Seigneur le soumet sont autant d’étapes dans le processus de sa purification, de sa libération de l’humain, trop humain, selon le maître cité. Citons un autre Allemand, von Sebottendorf : Le Musulman ne prie pas son Seigneur de lui ôter son fardeau mais de lui donner la force de le porter. L’homme bien né ne fuit pas les épreuves, il les recherche au contraire comme autant de marches dans son ascension vers son Seigneur, afin de jouir dans Ses Jardins d’un repos bien mérité. Le combat n’est pas pour le Musulman un châtiment mais une récompense de son Seigneur. La parole ‘Qui se sert de l’épée périra par l’épée’ prend chez le Musulman, chez le Moujahid en particulier, un sens bien différent que chez le mouton bêlant de l’Evangile : périr l’arme au poing est un privilège et non une tragédie à fuir. On demandait un jour à Mohammed quelle récompense il souhaiterait obtenir de son Seigneur. Sa réponse fut : revenir sur terre et combattre en Son Nom. Tomber dans sa voie et à nouveau lui demander le même privilège en un cycle infini. Ce n’est là, en soi, rien d’extraordinaire et la mort héroïque, la mors triumphalis, était l’idéal des peuples européens jusqu’à leur dévirilisation par leur transformation de lions en brebis. Un champion en islamophobie, un certain Guillaume Faye, après avoir, dix ans plus tôt, prôné l’alliance euro-islamique, reconnut dans son ouvrage auquel nous répondîmes en 2003, que l’Européen était dévirilisé mais que l’Islam était une religion virilisante... Un cerveau rationnel eût déduit : ainsi donc une bonne dose d’Islam pour l’Européen !  Mais non, en un dérangement mental que nous nous garderons d’identifier, il proclama ‘Islam hors d’Europe !’ avant de poser sous un drapeau israélien. Comprenne qui pourra, là n’est pas notre souci.  

Il demeure qu’il est temps, au bout d’un millénaire et demi, de faire un bilan de la christianisation de l’Europe ; un bilan qui nous apparait tragique. Ce n’est pas impunément que pendant ces siècles l’Européen promena sur les continents l’effigie de l’Homme Blanc crucifié pour racheter les peccata Mundi. La crucifixion de l’Homme Blanc, nous la voyons aujourd’hui dans toute sa réalité. Déjà en 1943, Alexis Carrel avait prévu son suicide. Dans quelques décennies, la race qui avait produit Beethoven, Ronsard et Pasteur, pour ne citer que trois noms emblématiques, aura cessé d’exister. Ce n’est pas à l’Islam que ceux qui le regrettent devront s’en prendre. Ils devront plutôt s’interroger s’il est encore temps de monter dans le train en marche par la révolution islamique européenne. Car il est deux façons d’envisager l’inéluctable islamisation de l’Europe : la résignation à voir disparaître sa lignée sous l’avalanche du prétendu ‘grand remplacement’, l’autre, virile, de proclamer le droit des Européens à leur propre islamicité et avec elle à vivre dans les millénaires à venir, à produire encore pour le bénéfice de l’humanité et pour la gloire de l’Unique de nouveaux Beethoven et de nouveaux Pasteur. Le Coran enseigne : Allah ne change pas l’état d’un peuple tant que ce peuple ne change pas intérieurement. C’est là pour nous, Européens, le moment ou jamais de proclamer notre révolution culturelle. Un peuple ne survit qu’aussi longtemps qu’il a une raison à cela, plus précisément, une mission à accomplir sur terre. Il est temps de redéfinir la mission des peuples de notre continent, leur raison de vivre dans les siècles à venir, sans quoi ils poursuivront leur chemin vers l’extinction pure et simple. Certes, au cours de ces siècles, nos peuples ont accumulé erreurs, fautes, crimes même. Les premiers Européens, des Vikings et des Basques, qui débarquèrent sur les côtes de ce qui est aujourd’hui l’Amérique latine s’intégrèrent harmonieusement aux populations locales : païens, ils partageaient les mêmes valeurs, la même vision du Monde. Quelques siècles plus tard, la piétaille de Colomb, le mercanto sans doute marrane, mûe par l’appât de l’or, marchait précédée par la Croix et massacrait tous ceux qui se montraient récalcitrants à l’évangélisation, surtout s’ils possédaient quelques onces du précieux métal. Bientôt les Inquisiteurs débarquèrent à leur tour et l’on peut voir au musée de l’Inquisition de Cartagena de Indias un instrument destiné à déchirer les seins des sorcières et des mères célibataires. Il est temps, Européens, de proclamer face aux peuples spirituellement violés et physiquement spoliés par le colonialisme que c’est au Vatican qu’ils doivent adresser leurs plaintes et leur ressentiment. De Béziers à Verden, les Européens furent les premières victimes des croisades et guerres de religion qui dévastèrent notre continent. Il est temps de renouer avec la spiritualité européenne, celle de nos druides caricaturés par la propagande vaticanaise en innocents cueilleurs de gui, des Grecs antiques qui se définissaient comme les serviteurs de Jupiter, ainsi donc des Musulmans stricto sensu.

Devançons ici l’observation du spectacle assez affligeant en effet offert par ce qu’on nomme le ‘monde musulman’ d’aujourd’hui. Souvenons-nous toutefois que sous l’impulsion de Mohammed et de ses compagnons, un empire fut fondé en moins d’un siècle, allant des rives de la Loire à celles de l’Indus, porteur ainsi qu’en témoignent tant Taj Mahal que l’Alhambra de Grenade de la plus haute civilisation de mémoire d’historien. La décadence des peuples musulmans alla de pair avec leur colonisabilité, selon le concept du grand penseur algérien Malek Bennabi. Aujourd’hui toutefois ces peuples se réveillent, alors que la colonisabilité gangrène nos peuples d’Europe, Russie exceptée il est vrai ; et la République Islamique d’Iran a en quarante ans totalement changé l’intérieur de ce pays, désormais producteur d’une élite scientifique et intellectuelle cependant que l’Algérie vient de donner au Monde l’exemple d’une révolution pacifique mais réelle. Le Pakistan est une puissance asiatique de premier ordre avec la Malaisie où des travaux magistraux ont été accomplis dans le domaine de la finance islamique. Il est temps que les Occidentaux se libèrent des clichés et caricatures dont ils s’abreuvent aux dépens des autres pour mieux se cacher leur propre décadence. La christianisation de l’Europe entraîna sa coupure d’avec le reste du monde, d’avec les autres civilisations que les prédicateurs de la ‘religion de l’amour’ nous apprirent à mépriser comme ‘mécréants’, avec le droit de les exploiter, spolier ou même exterminer.

Une autre coupure, il est vrai, l’avait devancée, plus grave qu’elle parce que mère de la dichotomie consécutive : celle entre Dieu et l’Etat. On prête à Jésus la parole bien connue : Rendez à César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu. Il est probable qu’il s’agit là d’une invention de notre barbouze érudite, tout au moins d’une de ses multiples déformations de la parole de Jésus. Ceci implique en effet l’exclusion de Dieu de la vie politique et la laïcité tant dénoncée par nos chanoines qui semblent ne pas capter qu’elle est partie essentielle de leur Credo. Cet athéisme de l’Etat entraîne sa chute dans le tourbillon de la déchéance. Monstre le plus froid des monstres les plus froids qui commet l’impudence de se prétendre le peuple, l’Etat est devenu la grande prostituée de la ‘ripoublique’ neo-thermidorienne. C’est à qui le trompera le mieux, brillant dans cet art ses propres serviteurs. L’Islam restitue à l’Etat sa sacralité, lien entre Dieu et la Nation. Il s’agit de rendre à César ce qui est à Dieu car il est son administrateur sur Terre. La république française fut fondée par Robespierre sur ce principe, placée le 8 juin 1794 sous la bénédiction de l’Etre Suprême ; abattue le mois suivant à Thermidor par la conspiration des athées (Vadier), des spirites (Amar) et des jansénistes (Voulland), de la bourgeoisie financière que l’Incorruptible n’avait réussi à liquider en confiant aux bons soins de Sanson Danton, Cloots, les frères Frey, leur beau-frère Chabot et quelques autres... En ce sens l’authentique république française, celle du Peuple, est d’essence islamique et Napoléon ne fera que parachever cette orientation. Encore en ce sens, elle s’inscrit dans la Tradition des régimes théocratiques, littéralement, d’Ordre divin, des empires de Chine et de Rome au califat de l’Islam inauguré par Mohammed sous l’égide de Dieu. On imagine la haine que Saül de Tarse, bien que citoyen romain, devait porter à César et à la théocratie romaine... Ce fut là le signal à la décadence de la civilisation européenne, aboutissant à ce que nous observons aujourd’hui.  

Il est temps pour les Européens de reprendre en mains leur destinée. On ne peut avoir deux maîtres simultanément : la soumission à Dieu implique la libération de tous les tyrans de la Terre. L’Islam est la voie de redressement tant des individus que des peuples. Aux premiers, il enseigne de ne jamais s’incliner devant plus fort, sachant que Dieu est le meilleur stratège ; aux seconds, que la souveraineté nationale est la première condition à l’instauration du système islamique. Il est donc essentiel pour les nations d’Europe de se libérer du joug de l’OTAN qui n’est point une véritable alliance contre une menace commune mais un système d’oppression des Etats membres par Washington. Les Etats d’Europe occidentale doivent rechercher l’alliance des puissances nouvelles que sont la Chine, la Russie, l’Iran, l’Algérie, la Corée, le Pakistan... L’Union Européenne a échoué, laissant les peuples d’Europe désenchantés. Certes, ces peuples constituent une communauté civisationnelle et de destin. Les Européens appartiennent à différentes nations mais aux mêmes tribus, écrivions-nous en 1990. Il y a un peu plus de deux siècles, ce fut la France qui entreprit la libération et l’unification du continent, prolongées d’ailleurs sur les axes eurafricain et eurasiatique. Aujourd’hui, c’est la Russie de Vladimir Poutine qui constitue le dernier bastion de l’Européité. La France a toutefois, même si elle ne peut aujourd’hui rivaliser quantitativement avec la Chine et avec la Russie, l’héritage de la mission libératrice que nous venons d’évoquer. Sur son sol, dans son histoire, au plus profond de son âme, l’islamisme s’identifie au bonapartisme. C’est au Premier Consul que nous devons le Code de 1804 fondé sur la Charria. C’est à l’Empereur que nous devons le combat simultané, à l’intérieur contre l’Usure, à l’extérieur pour la libération et la construction de l’Eurasie cimentée par l’Islam, en alliance avec Tipou Sahib, sultan de Mysore. Le projet islamique français s’inscrit donc dans la poursuite de l’oeuvre napoléonienne, c’est à dire dans l’héritage unique qui constitue la métaphysique de la Nation française. Nous aimons à le répéter : tous les peuples eurent de grands rois, poètes, maréchaux, scientifiques... Seule la France eut un Napoléon, synthèse de l’inhumain et du surhumain, selon Nietzsche.

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